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Aniki mon frère

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87 critiques: 3.74/5



Xavier Chanoine 4 Un frère, un vrai.
Marc G. 3.25 Petite baisse de tension
drélium 2.25 Le culte du pouvoir et des flingues support d'une pseudo volonté de démonstrati...
Ordell Robbie 3.25 Délocalisation avec codes d'honneurs
Junta 4.25 Kitano arrive aux U.S.A, ça va faire mal !
Ghost Dog 3.5 Kitano avait besoin de prendre l’air…
Chris 4.5 Un constat effarant...
Alain 3.25
MLF 3.5
Tenebres83 3
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Un frère, un vrai.

Tueur professionnel à l'écran et poète à ses heures, Takeshi Kitano n'en finit pas d'émerveiller son petit monde. Fable d'une grande noirceur, conte pour adulte, poème pour Yakuzas, Aniki mon frère dépeint le monde de la pègre japonaise comme des esclaves de maîtres, prêts à tout pour servir leur hiérarchie. Plutôt violent et émouvant, Brother est un grand polar fait pour les amateurs de genre et les amoureux de cinéma tout court, sublimé par une réalisation efficace et par la musique déchirante de Joe Hisaishi (aussi compositeur attitré de Hayao Miyzaki depuis belle lurette). C'est aussi une bien belle leçon sur l'amitié.



11 février 2006
par Xavier Chanoine




Le culte du pouvoir et des flingues support d'une pseudo volonté de démonstration fraternelle. à part ça, l'histoire, elle est où ?

Je suis d'accord avec Maggielover, le style kitano peut sembler solennel, unique et créatif mais c'est pour mieux cacher la simple démonstration de violence et l'inutilité de l'ensemble, cinéma d'hypocrite ? Je ne promet rien mais tente de m'expliquer : gratuit, abusif, cynique, sans coeur sont les mots qui me viennent à l'esprit. Kitano se cache derrière une démonstration de la violence banalisée pour nous faire passer son pseudo message humaniste. Il devrait plutôt avouer qu'il adore l'ambiance gangsters et foncer tel John Woo, Miike et bien d'autres. Aniki est une parfaite tentative de banalisation de la violence que je ne peux m'empêcher de désapprouver tant elle se veut réaliste et confondante. Bien entendu, à la fin tout le monde meurt pour faire propre, pour que les consciences ne soient pas salies, démarche inutile et hypocrite, puisque tout le reste du film tente exclusivement de nous faire jouir devant le fait de prendre un flingue et de tirer sans attendre une balle dans un thorax qui explose. Voilà le paradoxe Kitano, mettre en exergue le désabu d'un tueur et nous le faire passer pour de l'humanisme. On y parle d'honneur et on y voit une boucherie. à côté de cela, l'histoire est inexistante. La "kitano's touch" plait justement pour cette désinvolture face à la mort, cette violence d'un coup de pêtard qui part à l'improviste à la suite de petits jeux ou de moments de quiétude, alors pourquoi diable nous montrer des personnages rêveurs, faussement simples, purs, vrais et tiraillés, qui font semblant de réfléchir à leur honneur. Ah oui, les méchants aussi sont des gentils cachés, mon cul oui. Au final, ça passe pour un film excitant alors qu'il ne se passe rien, et ça, ça me dérange.

05 mars 2003
par drélium




Délocalisation avec codes d'honneurs

Loin d'etre comme le disent certains un film commercial fait pour le marché amércain, Aniki mon Frère est plutot une tentative de confronter l'univers kitanien au contexte californien et au cinéma de genre américain classique. En cela, il prolonge un Kikujiro qui voulait parachuter le Kitano des films de yakuzas dans un univers de road movie naif et comique. Et surtout est un des plus beaux films réalisés par un maitre du cinéma de genre made in Asia à Hollywood depuis Volte/Face, une autre oeuvre au sujet en forme de métaphore du désir de rester fidèle à soi-meme sur le sol américain. Un peu comme ses yakuzas qui tentent de s'élever au sommet à Los Angeles en reproduisant les codes d'honneur de leur corporation, leurs rites -doigts coupés, hara kiri-, leurs dogmes -sacrifice, fidélité au clan-, Kitano ne cherche à faire aucune concession à Hollywood, exportant meme une violence graphique et un usage des cadrages penchés hérités de toute une tradition des films de yakuza (le fait que Watari Testuya, acteur fétiche de Fukasaku, soit du voyage n'est pas un hasard), la Kitano team ainsi que sa fameuse Kitano's touch, ses ellipses, ses moments plus contemplatifs, ses quelques gags.

Et paradoxalement, en voulant comme son créateur réussir sans se renier, Yamamoto se fait l'incarnation de la réussite sociale "à l'anglo-saxonne" des minorités ethniques (loin de notre modèle d'intégration): toucher le sommet en ne reniant pas ses traditions. Kitano se fait ici grand cinéaste du melting pot dont Los Angeles est l'incarnation vivante (certains disent d'ailleurs que c'est le dernier lieu où le reve américain existe encore) montrant que c'est la communauté de ce désir-là qui peut parfois réunir les minorités ethniques sur le sol américain par delà leurs antagonismes, que leurs codes mafieux ne sont pas si éloignés que ça donc interchangeables. Les rapports Kitano/Omar Epps dans le film sont d'ailleurs assez touchants: commençant par le contact le plus violent qui soit, ils vont se teinter d'humanisme au fur et à mesure du film, démontrant que pour Kitano fidélité à ce que l'on est n'est pas incompatible avec ouverture à l'autre et à sa culture. Très japonais en somme: d'un coté la tentation de l'autarcie, de se cramponner à ses traditions, de l'autre une fascination pour l'Occident vu comme référence, comme point de repère par rapport auquel on se définit.

Chose que l'on retrouve dans la fameuse scène de "tir d'une balle dans la tete" opposant une valeur japonaise -le sacrifice volontaire pour la collectivité- au reve américain acquis en reniant les valeurs du pays d'origine -incarné par le yakuza à la réussite rapide-. En voyant cette scène-là on pourrait croire le film idéologiquement douteux et proclamant la supériorité de ces valeurs sur celles de la nation américaine (1). Mais l'humanisme mentionné plus haut empeche de rejeter en bloc le propos du film.

Car les ambiguités parfois genantes d'Aniki ne sont finalement pas éloignées des deux facettes complémentaires d'un Eastwood. Cinéaste/acteur avec lequel Kitano partage outre le fait de trimballer d'un film à l'autre un personnage cinématographique celui d'avoir incarné au cours de sa carrière autant un certain humanisme qu'un flirt avec l'idéologiquement douteux. Sauf qu'en meme temps qu'il nous offre le regard de Kitano sur l'Amérique le film dénote un certain épuisement de la Kitano's touch: Kitano acteur semble jouer son personnage de cinéma en pilotage automatique, les quelques traits d'humour ratent leur cible; si le film est parfait en terme de cadrages, montage et photographie, sa maitrise technique ne s'accompagne pas le plus souvent de force émotionnelle -les ellipses kitaniennes ne font plus autant mouche que précédemment-, le score d'Hisaishi n'est pas mauvais mais il a fait bien mieux.

En somme d'un coté des motifs de satisfaction -fidélité à un style, aux thèmes kitaniens tout en s'inscrivant par son commentaire social dans toute une tradition du cinéma de genre us qui utilise la mafia pour porter un regard sur les mythes fondateurs d'une nation- de l'autre la confirmation d'un relatif épuisement de l'inspiration kitanienne. Un film qui est autant une terre de paradoxes que l'est son scénario.

(1) Alors que si l'arrivisme est la perversion du reve américain, les valeurs traditionnelles japonaises ont eu comme perversion le fait de suivre aveuglément une volonté expansionniste durant la Seconde Guerre Mondiale; vu qu'en plus on sait les liens encore vivaces entre yakuzas et extreme droite au Japon, le coté réac du bonhomme, Kitano prete ici le flanc.



22 juillet 2002
par Ordell Robbie




Kitano arrive aux U.S.A, ça va faire mal !

La première frayeur qu’on a avant de voir ce film, c’est que Beat Takeshi ait vendu son âme à Hollywood comme beaucoup l’ont fait avant lui (je ne citerai pas de nom la liste est trop longue) ; mais non, pas avec Beat ! Ce n’est pas un film américain avec Kitano, mais un Kitano aux U.S.A, que ce soit bien clair. D’ailleurs l’équipe principale du tournage est japonaise. Une petite anecdote pour vous montrer que c’était bien Kitano qui dirigeait et décidait de ce qu’il voulait faire : lors d’une scène le pilote d’une voiture est tué alors celle-ci va s’encastrer dans un poteau. Des américains du tournage voulaient que la voiture fasse des zigzags avant de taper le poteau, Kitano lui voulait qu’elle aille tout droit (comme dans la réalité), elle a été tout droit.

L’histoire est originale sans l’être, une guerre des gangs au Japon puis aux U.S.A. Ce qui change c’est qu’à la manière d’un Ghost Dog se sont les us et coutumes japonaises qui vont régir le clan de Kitano aux U.S.A. Ici les liens du clan sont plus forts que les liens du sang. Le nouveau clan en est le parfait exemple, toutes les ethnies s’y côtoient : asiatique, hispanique, afro-américain.

Les acteurs sont tous bons, les Américains s’intégrant parfaitement avec le reste du casting habituel de Kitano, le tout étant réellement homogène. Le duo Beat/Epps fonctionne très bien, on a vraiment l’impression que ce dernier est attiré par cette nouvelle que représente Kitano, et il l’assimile très bien. Pour la réalisation, à l’Est rien de nouveau. C’est son style, on le reconnaît à des kilomètres : beaucoup de silences, de non dits, … Les scènes de violence sont crues, on devine plus que facilement la douleur ressentie, certaines en deviennent presque gores (lorsqu’un des yakusas se fait Seppuku). La musique signée HISAISHI Joe est belle, ce n’est pas sa meilleure composition mais c’est toujours mieux qu’une cohorte d’autres musiques passe-partout.

Après L' été de Kikujiro, Kitano revient à ses sujets de prédilection : les gangsters, la mort, … Certains diront qu’il fait toujours la même chose, peut-être que c’est vrai mais il le fait si bien, en apportant des petits changements à chaque fois (en l’occurrence l’exil d’un yakusa aux U.S.A ici), et tant qu’on en redemande il aurait tort de se priver.



14 octobre 2001
par Junta




Kitano avait besoin de prendre l’air…

C’est en effet le premier film que Kitano tourne en dehors du Japon, ici à Los Angeles. Mais dès le premier plan, on comprend qu’il n’a pas changé d’un poil sa conception du cinéma : on le voit immobile, muet, lunettes de soleil sur le nez, en train d’attendre, plan quasiment identique à celui du début d’ Hana-Bi. Et ce n’est pas le seul plan récurrent : on retrouve aussi les jeux sur la plage, la prise d’otage dans la voiture qui vire au massacre, plus quelques figures devenues familières (Terajima, Maki, Osugi…). Le premier sentiment qui m’est venu en voyant cela a été un sentiment de ras-le-bol : marre de voir à chaque fois la même chose, de voir Kitano en gars désabusé, muet, rebelle, assassin et blagueur. Sans compter que certaines « audaces » formelles énervent franchement (la limousine vue à 45°, puis à 20° puis à 0).

Pourtant, il s’en sort au final très bien et régale à nouveau son spectateur. Tout d’abord, le fait d’être parti prendre l’air aux USA fait du bien. Cela permet en effet de comparer ces 2 sociétés entre elles, et d’en arriver à la conclusion que dans le cas des guerres de gangs, elles ont de nombreux points communs… La seule différence est qu’au Japon, les bandes yakusa se battent entre elles, alors qu’aux USA elles se regroupent par race (les ritals, les japs, les blacks), ce qui est beaucoup plus pervers. Occasion aussi de rappeler qu’entre blacks et japs, on s’aime bien (cf. Ghost Dog de Jarmusch).

Kitano développe également des thèmes qui lui sont chers : la soumission du peuple nippon envers son chef et son sens de l’honneur (on retiendra le hara-kiri et le suicide de 2 des lieutenants de Yamamoto, actes qui semblent naturels, faciles, ce qui les rend d’autant plus choquants…), la violence (on tue ici pour le plaisir, sans le moindre sentiment de compassion ni de regret) ; il s’attaque également de façon détournée à la production hollywoodienne commerciale impersonnelle. Car même si Aniki mon frère a été tourné à L.A., il n’en reste pas moins purement japonais dans l’âme, et la scène finale aux allures de règlements de comptes à la sortie d’un saloon sonne comme un pied de nez aux westerns US tant copiés, formatés.

Il y a donc du plaisir à prendre devant ce film malgré le fait que son auteur tourne un peu en rond, que son style elliptique si particulier ait morflé et que Hisaishi aurait pu être plus inspiré…



09 janvier 2001
par Ghost Dog




Un constat effarant...

Alors que l'heure est actuellement à l'importation de produits asiatiques tous frais, tous chauds, mais de préférence en provenance de Hong-Kong, la patrie chérie de l'action survitaminée (mais qui a dit "ex-patrie" ?) et alors que le Japon produit actuellement la cinématographie la plus passionnante et les artistes les plus intéressants mais que le monde entier s'en contre-fiche, voici donc un Kitano qui débarque au pays des blockbusters et des mangeurs de ringojohnkirkronnytsui, sans tapis rouge ni fanfare, ou presque. Ce qui attise la curiosité, plus que l'enthousiasme exacerbé (hey on n'est plus dupes !).

Que peut-il bien faire là-bas, lui qui n'est pas à proprement parler spécialiste des films d'action, des plans subliminaux, de la pyrotechnie ou des hopitaux pris en otage par des terroristes ? Que peut-il bien raconter, lui qui est bien japonais (au sens le plus noble qui soit) et dont les spécificités narratives échappent à un bon nombre ?

Il en résulte donc cet Aniki, mon frère. Heureusement, aucune "star" US à l'égo démesuré à l'horizon, et le réalisateur est également auteur du script. Une histoire de Yakuza pure souche exilé à Los Angeles, et le clan Kitano est au rendez-vous (de Joe Hisaishi à Ren Ohsugi). Pas de tentative vulgaire de "faire la pute" donc de la part de Kitano, mais surtout une volonté d'exporter et transposer un univers. En conservant une bonne partie de son staff, ils ont enfin compris que les oeuvres géniales sont avant tout un travail collectif alors que d'autres ont vite oublié avant de les larguer que les Ching Siu-Tung et autres David Wu sont aussi responsables -sinon plus ?-.

Non, Kitano est loin d'avoir tout dit. Et il le prouve. Son personnage débarquant sur le sol américain est complètement déphasé, parachuté sur un monde dont il ne connait ni les us ni la langue. Il rameute alors quelques loulous impressionnés par son savoir-faire pour préparer sa conquête de l'Ouest. Cette bande métissée, ce sont les japonais et les pro-japonisants de tous horizons passionnés par tout ce que le pays du soleil levant peut apporter, peut représenter : une alternative, tout simplement. Il n'y a pas de discours anti-US, juste un constat sur la puissance absolue de la bannière étoilée. A ce titre, Kitano compose avec les américains de manière infiniment plus subtile que ce que peuvent faire les Emmerich, Devlin et Bruckheimer et surtout Ridley Scott et son imbuvable Black Rain. Les Yakuzas roulent en Lexus ? Pas de problème, les maffieux l'anéantissent en un rien de temps. Et c'est le triomphe des Ford Lincoln intouchables.

Les vieilles traditions (dont un hallucinant seppuku) semblent désuètes. La manière brute et sans honneur est plus radicale tel un rouleau compresseur. La fidélité aveugle a également des conséquences moins heureuse qu'une bonne vieille amitié.

Ainsi, Aniki développe une thématique plus diversifiée. Kitano, en surface, semble tourner en rond, mais enrichit continuellement son oeuvre. Les fameux jeux de plages ? Ca fonctionne toujours autant. Le Yakuza taciturne et mélancolique ? Une imagerie toujours plus riche. Rajoutez à cela les acteurs les plus charismatiques de la planète : l'excellent Claude Maki, le super classe Masaya Kato, le monolithique Ren Ohsugi, le génialissime Susumu Terajima, un sosie de James Tien (Ryo Ishibashi) et Omar Epps (qui après une blessure à l'oeil est allé faire un tour aux urgences).

Kitano, le seul auteur au monde à pouvoir filmer un avion en papier voler et rendre une telle séquence sublime, signe une nouvelle oeuvre forte, riche, passionnante et prouve qu'il est bien l'un des rares ayant une telle constance dans l'excellence.



09 janvier 2001
par Chris


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